Vendredi 10 juin 2011
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Les sondes Voyager 1 et 2 de la NASA atteignent les frontières du système solaire, là où aucune autre machine fabriquée par
l'homme n'est encore parvenue. Situées actuellement à plus de 9,6 milliards de Km de la Terre, elle nous ramènent des données tout à fait inédites de ces frontières encore inexplorées du système
solaire : des bulles magnétiques en provenance du Soleil ont été détectées par les capteurs de particules énergétiques des 2 sondes.
Voici des bulles magnétiques en bordure du système solaire, elles sont énormes et mesures chacunes 160 millions de km de
diamètre soit 1 Unité Astronomique (UA) ce qui représente la distance entre la Terre et le Soleil.
Crédit image : NASA.
Selon les modèles informatiques, ces bulles magnétiques sont immenses, environ 160 millions de km de diamètre, de sorte qu'il
faudrait environ une semaine pour que les sondes en traverse une seule. Voyager 1 est entrée dans cette "zone de mousse" en 2007, et Voyager 2 l'a suivi un an plus tard.
Au début les premieres données envoyées par Voyager 1 restaient incomprises par les chercheurs mais maintenant tous est devenu
plus clair : "Le champ magnétique solaire s'étend sur tout le trajet jusqu'à la bordure extérieure du système solaire", explique Opher. "C'est parce que le soleil tourne sur lui-même que son
champ magnétique ondule et se plie en accordéon. Loin, très loin du soleil, là où les sondes Voyager sont actuellement les ondulations du champs magnétique solaire forme des bulles
magnétiques".
La sonde Voyager 1 dans l'espace, vue d'artiste.
Crédit image : NASA.
Quand un champ magnétique se plie fortement de cette manière, des choses intéressantes peuvent arriver. Les lignes de force
magnétiques se reconnectent et se réorganisent, d'une manière parfois inattendue en formant de la "mousse" composée de bulles magnétiques.
"Nous ne nous attendions pas à trouver une telle mousse au bord du système solaire, mais c'est bel et bien là!" déclare le
physicien Jim Drake de l'Université du Maryland.
Les théories datant des années 1950 avaient prévu un scénario très différent : le champ magnétique lointain du soleil, était
censé se courber en arcs pour finalement se replier pour retomber sur le soleil. Ces bulles magnétiques sont pourtant bien réelles et semblent être autonomes et légèrement déconnectées du champ
magnétique global du soleil.
L'analyse des données des capteurs de particules énergétiques suggèrent que les sondes Voyager plongent en dedans et en dehors
de cette mousse magnétique de sorte qu'il pourrait y avoir des régions où les anciennes théories pourraient être encore valables. Mais il ne fait aucun doute que les anciens modèles ne peuvent
expliquer ses nouvelles découvertes des sondes Voyageur.
Cette contradiction scientifique entre ces 2 théories est importante car pour l'instant nous ne savons pas comment le système
solaire et le champ magnétique du soleil interagissent avec le reste de la galaxie. Les chercheurs appellent "héliogaine", la région où voguent actuellement les 2 sondes Voyager. Elle représente
la frontière entre le système solaire et le reste de la Voie Lactée. Est-ce que cette frontière est entièrement constituée d'un mur de bulles magnétiques ou en partie seulement ? La question est
maintenant posée...
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